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Huile Vierge de Chanvre
(Cannabis Sativa)
L'huile vierge de Chanvre de couleur vert sombre développe une odeur agréable. C'est une huile non grasse qui pénêtre trés rapidemment. Très proche de l’huile de Bourrache, c'est l’huile naturelle la mieux équilibrée. Elle conjugue les propriétés les plus intéressantes usitées en cosmétique : hydratante, raffermissante et réparatrice.
L’huile de Chanvre contient un des taux les plus élevés en acides gras essentiels: 76% d'acide linoléique, alpha linolénique et acide gamma linolénique (AGL). Elle contient également les vitamines A, B1, B3, B4, B6.
Propriétés:
Un des avantages de l’huile de Chanvre réside dans l’équilibre entre les acides w6 et w3, qu'il est important de respecter. Ainsi, les Acides Gras du Chanvre présentent le meilleur ratio entre les acides w6 linoléique et les acides w3 linolénique : 3 pour 1.

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Indications:
Il est important de rappeler qu’une déficience en AGE a pour conséquence d’endommager la peau (eczéma, psoriasis, squame, déshydratation, allopécie).

L’huile de Chanvre contribue à :
- redonner de la douceur et de l’élasticité à la peau.
- réhydrater la peau par le dépôt d’un film gras au niveau de l’épiderme : effet occlusif.
- atténuer les conséquences du vieillissement des peaux matures par restructuration de la membrane cellulaire.
- adoucir les peaux irritées.
- réduire la fragilité des ongles.
- donner de l’éclat et de la vigueur à vos cheveux.
- revitaliser les cheveux.

Composition:
Acide palmitique C16:0 :  5.8 %
Acide palmitoléique C16:1 : 0.2 %
Acide stéarique C18:0 : 2.6 %
Acide oléique C18:1 : 11.4 %
Acide linoléique C18:2 w-6 : 54.7 %
Acide alpha-linolénique C18:3 w-3 : 18.4 %
Acide gamma-linolénique C18:3 w 6 : 2.6 %
Acide arachidique C20:0 : 0.8 %
Acide gadoléique C20:1 : 0.8 %
Acide eicosadienoique C 20:2 : 0.1 %
Acide béhénique C 22:0 : 0.3 %
Acide lignocerique C24:0 : 0.1 %
Acide nervonique : 0.1 %
Insaponifiables : 0.3 %

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Principes actifs:

Acide linoléique C18:2 w-6
C'est un des deux acides gras essentiels précurseurs ayant un rôle structurel dans les membranes des cellules et de nombreux rôles fonctionnels. Un acide gras essentiel est un acide gras que l'organisme ne peut synthétiser par lui-même, ou en quantité insuffisante. Il doit donc alors être apporté par l'alimentation.

L'acide linoléique (AL) , désigné longtemps ous le nom de vitamine F, est le précurseur de la famille des oméga-6. Sous l'action d'enzymes, l'acide linoléique est transformé en acide gamma-linolénique (AGL), que l'on peut trouver directement dans l'alimentation : huiles de bourrache, d'onagre, de graines de cassis, mais aussi dans le lait maternel.

Un acide gras est essentiel lorsqu'il n'est pas fabriqué par le corps. Les carences en acides gras peuvent entraîner de nombreux troubles. Les nutritionnistes appellent acides gras indispensables, les acides gras que le corps est incapable de synthétiser lui-même. Ces acides gras doivent donc être apportés obligatoirement par l’alimentation.

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Acide alpha-linolénique C18:3 w-3

Propriété : C'est un des deux acides gras essentiels précurseurs ayant un rôle structurel dans les membranes des cellules et de nombreux rôles fonctionnels. Un acide gras essentiel est un acide gras que l'organisme ne peut synthétiser par lui-même, ou en quantité insuffisante. Il doit donc alors être apporté par l'alimentation.

Des études montrent que l'enrichissement en acides gras oméga-3 peut conduire à une diminution de la pression artérielle chez les sujets hypertendus et à une diminution de la triglycéridémie chez les sujets hypertriglycéridémiques.

L'acide alpha-linolénique (ALA) est le précurseur de la famille des oméga-3.
Grâce à des enzymes, l'acide linolénique va être transformé en acide eicosapentaénoïque (EPA), lui même précurseur de deux groupes de molécules :
- les eicosanoïdes (p.ex. les prostaglandines) de série 3
- l'acide docosahexanoïque (DHA).

Les eicosanoïdes jouent un rôle anti-inflammatoire et anti-allergique. Ils assurent la protection des artères et du cœur. L'acide docosahexanoïque assure l'intégrité des fonctions cérébrales, joue un rôle dans la formation des spermatozoïdes ainsi que dans le développement du cerveau et de la rétine. On peut le trouver directement dans l'alimentation (poissons gras tels le saumon, le thon blanc, la sardine, etc.)

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Acide gamma-linolénique C18:3 w 6

Propriété : Cet acide est synthétisé par l'organisme à partir de l'acide linolénique (acide gras essentiel), cependant si l’acide gamma linolénique se trouve déjà dans l’alimentation, il évite au corps un travail laborieux de synthèse à partir de l’acide linoléique.

Le corps a besoin de l'acide gamma linolénique lors du cycle menstruel, du vieillissement et de certaines maladies. L’acide gamma linolénique est important car de nombreuses maladies sont souvent dues à un déficit en AGL (carences alimentaires, anomalie du fonctionnement de la D 6 désaturase, carence alimentaire en acide linoléique).

Au troisième âge, le déficit est quasi permanent.L'acide gamma-linolénique (AGL) est lui-même précurseur de l'acide di-homo-gamma-linolénique (DGLA), constituant très important des phospholipides de la membrane cellulaire et des eicosanoïdes de série 1, qui jouent un rôle anti-inflammatoire, stimulent le système immunitaire et protègent les artères et le cœur.

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Insaponifiables

Propriété : Une huile est constituée pour sa majeure partie par des triglycérides. Ce sont des esters d'acides gras à longueur de chaîne variable (acides laurique, myristique, palmitique, oléique, stéarique, linoléique, etc.) et de glycérine.

Lorsqu'on soumet une huile à l'action d'un alcalin (soude caustique ou potasse), il y a hydrolyse des esters gras glycéridiques avec formation de savons et de glycérine (c'est la technique traditionnelle de fabrication du savon). Le mot insaponifiable désigne ce qui n'a pas été transformé en savon : une fraction faible en pourcentage (0,5 à 2%).

La fraction insaponifiable des huiles végétales a trouvé des applications en cosmétique pour ses propriétés biologiques intéressantes. C'est en effet la fraction où sont présents des hydrocarbures, notamment du squalène, les cires et alcools gras, des triterpènes, des stérols, les vitamines A, D et notamment la vitamine E désignée sous le nom de tocophérols et tocotriénols. Leur tolérance est bonne et ils peuvent être préconisés pour lutter contre le vieillissement cutané. Le karité est le corps gras qui contient le plus d'insaponifiables.

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Fabrication:

L'huile de Chanvre est extraite de la graine par pression mécanique. C'est une huile de 1ère pression à froid

Botanique:

Il existe plusieurs famille de Cannabis qui se distinguent les unes des autres par la teneur de leurs graines en substance psychotrope. La plus connue est la Cannabis Sativa qui signifie en latin chanvre cultivé , c’est une plante rudérale et robuste, à racine pivotante pouvant dépasser quatre mètres de haut, autrefois cultivée pour les fibres contenues dans sa tige produisant la filasse ou pour ses graines fournissant une huile siccative.

C'est une plante annuelle qui pousse à l'état sauvage un peu partout sur la planète. Elle germe au printemps et fleurit de la fin de l'été jusqu'à la fin du mois d'octobre. Elle est cultivée surtout en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.

En France, il existe une variété de chanvre sélectionnée par des scientifiques Français afin que la graine ne contienne pas de substance psychotrope. Elle est cultivée dans les pays de la Loire et est soumise à la législation Européenne de Bruxelles.

La plante se présente sous l'aspect d'un petit buisson ou arbuste dont les feuilles vertes foncées sont en forme de sapin. C'est une espèce dioïque c'est à dire que chaque plant est male ou femelle.

Sa croissance rapide (4 fois supérieure à celle des arbres) renouvelle la biomasse, et sa résistance permet de réduire l’utilisation d’engrais, d’insecticides et d’herbicides.

Les différentes variétés:

Cannabis sativa L. subsp. Sativa :
Elle provient des régions équatoriales. Elle atteint en quelques mois une hauteur de plusieurs mètres (jusqu'à plus de 6 mètres). Les pales de ses feuilles sont fines. On peut observer chez Cannabis sativa L. subsp. sativa les concentrations en THC les plus élevées. Cependant, cette sous-espèce est réputée pour ses fibres et elle a largement été utilisée dans la création des hybrides qui constituent le chanvre cultivé légalement en France. Ces hybrides font l'objet d'un programme d'élevage et de sélection génétique intensif afin de minimiser leur teneur en THC et de favoriser leur adaptation au climat français. Son cycle de vie est plus long que celui des autres sous-espèces, sans doute à cause de la photopériode des régions équatoriales.

Cannabis sativa L. subsp. indica, ou chanvre indien :
Originaire de l'Hindou Kouch, une région de l'Inde, elle est réputée pour ses propriétés psychotropes, qui sont à l'origine de sa distinction de sous-espèce. Sa concentration en principes actifs est à rattacher au climat et à l'environnement dans lesquels elle a évolué.[2] Elle se caractérise physiquement par des pales larges, une stature moyenne (en général de 1 à 2 mètres de hauteur) et elle arrive à maturité plus rapidement que Cannabis sativa L. subsp. sativa.

Cannabis sativa L. subsp. Ruderalis:
Cette sous-espèce pousse à l'état sauvage dans des régions de l'Europe de l'Est et de la Russie. Elle est caractérisée par sa floraison précoce, certains de ses représentants fleurissent même indépendamment de la photopériode. Elle supporte des climats plus froid et des conditions environnementales difficiles. Comme Cannabis sativa L. subsp. indica, sa stature est moyenne.

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Culture:

Sa culture en Europe ne nécessite l'emploi d'aucun pesticide.

C'est en revanche une culture qui nécessite des apports de potassium et d'azote : dans la littérature technique on trouve des préconisations de 80 à 150 kg d'azote par hectare.

A titre de comparaison, une culture de maïs destiné à l'ensilage, dont le cycle de végétation recouvre sensiblement la même période que le chanvre, nécessite environ 200 kg d'azote/ha.

Le chanvre cultivé légalement en Europe est plus grand que celui ayant des propriétés psychotropes.

Histoire:

Le chanvre est une des premières plantes domestiquées par l'homme.

Plante rudérale, qui s'épanouit a proximité des espaces anthropisés elle profite à l'homme qui en tire de nombreux produits ainsi, le chanvre accompagna l'homme dans ses migrations, au moins depuis le néolithique. Originaire d'Asie, le Chanvre colonisa petit à petit la planète entière.

Néolithique:
L'origine géographique du chanvre n'est pas certaine : plaines de l'Asie centrale dans le secteur du lac Baïkal pour certains, région moyenne du fleuve Jaune en Chine pour d'autres, ou encore contreforts indiens de l'Himalaya. Les plus anciennes traces archéologiques de son utilisation par l'homme ont été retrouvées en Chine, dans l'un des foyers de la révolution agricole néolithique. Les fouilles du site néolithique de Xianrendong (dans le Jiangxi), daté de 8000 av. J.-C. ont ainsi livré de la céramique, certains pots décorés de fibres spiralées de chanvre. Il s'agirait donc d'une des premières plantes domestiquées par l'homme, probablement tout à la fois pour ses fibres solides, ses graines oléagineuses nourrissantes et les propriétés médicinales de sa résine.

Antiquité:
La plus ancienne tradition d'un usage médical du cannabis semble également chinoise : la plante fait partie des trois cent soixante-cinq remèdes d'origine végétale décrits dans le plus vieux traité de pharmacopée de l'humanité retrouvé à ce jour. Le Shen nung pen Ts'ao king (Traité des plantes médicinales de l'empereur Shen Nung), 2737 av. J.-C. ne donne pas d'indication thérapeutique précise, du moins dans sa version originelle : antalgique, anti-émétique, laxatif, etc. Il est amusant de noter que c'est à ce même empereur Shen Nung que la légende attribue la découverte d'une autre plante psychotrope dont l'usage est aujourd'hui répandu sur tous les continents, le thé.

En Égypte antique, on trouve également une trace écrite de l'utilisation médicinale du chanvre. Ainsi le papyrus Ebers (rédigé 1500 ans av. J-C) mentionne l'utilisation d'huile de chènevis pour soigner les inflammations vaginales (formule n°821, p.96, lignes 7-8).

Le cannabis était bien connu des Scythes, si l'on en croit l'historien grec Hérodote (450 av. J.-C.), qui décrit une séance de fumigation collective entraînant l'hilarité des participants. Le professeur Serguei Ivanovich Rudenko, archéologue russe, a confirmé l'utilisation courante du cannabis par les Scythes avec la découverte en 1929 sur le site de Pazyryk d'un chaudron de bronze rempli de graines de chanvre carbonisées, ainsi que des vêtements de chanvre et des encensoirs métalliques. Ces peuplades nomades, qui ne pratiquaient pas l'agriculture, ont probablement joué un rôle dans la diffusion du chanvre, à travers leurs migrations dans les steppes eurasiennes. Le chanvre est en effet une plante rudérale, qui colonise les habitats anthropisés (perturbés par l'homme). Elle est écologiquement adaptée aux milieux ouverts (donc ensoleillés), aux sols riches en azote (à cause des déjections des troupeaux), caractéristiques des abords de campements.

Depuis l’Antiquité, les peuples germaniques cultivaient également le chanvre, au moins pour ses fibres — utilisées pour la fabrication de vêtements et de cordes pour les bateaux. Ainsi, à Eisenberg dans le Thuringe, des fouilles archéologiques ont mis au jour des semis de chanvre à côté de poteries datant de 5500 av. J.-C.

Dans l'Empire romain, on retrouve la trace du chanvre dans plusieurs écrits, comme ceux de Pline l'ancien. Celui-ci y consacre un paragraphe dans son Histoire naturelle (livre XIX traitant de la culture du lin et de l'horticulture) où il donne de précieux conseils en matière de choix variétal, date de semis, de récolte, etc.

Dioscoride évoque pour sa part le chanvre « qui fait venir au devant des yeux des fantômes et illusions plaisantes et agréables. », tandis que Galien met en garde contre cette plante : « Certains mangent les graines frites avec des sucreries. J’appelle sucrerie les nourritures servies au dessert pour inciter à boire. Les graines apportent une sensation de chaleur et si consommées en grandes quantités, affectent la tête en lui envoyant des vapeurs chaudes et toxiques ».

Au IIe siècle, les Romains vont introduire la culture du chanvre en Gaule avec celle du seigle, de la gesse et de la vesce. La fouille archéologique de la villa de Saint-Romain de Jalionas (Isère) met ainsi à jour plusieurs aires de rouissage du chanvre. Le plant de chanvre doit en effet subir une décomposition partielle afin que le ciment pectique et les fibres ligneuses se désolidarisent des fibres de cellulose. L'immersion des pieds dans l'eau permet d'accélérer ce processus.

D'autres découvertes archéologiques, aussi bien dans la région de Marseille que dans le Sud-Ouest (site de Al Poux dans le Lot) laissent cependant supposer que le chanvre était cultivé et utilisé en Gaule bien avant la romanisation.

En Chine, l'époque des Han occidentaux, au IIIe siècle le grand chirurgien Hua Tuo réalise des opérations sous anesthésie en utilisant le chanvre indien. Le terme chinois pour anesthésie (má zuì) est d'ailleurs composé de l'idéogramme qui désigne le chanvre, suivi de celui qui signifie l'ivresse.

Le cannabis serait mentionné dans la Bible, par exemple dans le livre de l'Exode, (30:22-31) l'Eternel ordonne à Moïse de fabriquer une huile sainte avec « cinq cents sicles de myrrhe, de celle qui coule d'elle-même la moitié, soit deux cent cinquante sicles, de cinnamone aromatique, deux cent cinquante sicles de roseau aromatique ». Ce dernier ingrédient (kaneh bosm en hébreux) pourrait être le chanvre...

La preuve de l'usage médicinal du cannabis au Proche-Orient a été faite en 1993 quand une équipe d'archéologues ont découvert à Beit Shemesh, entre Jérusalem et Tel-Aviv un tombeau contenant le squelette d'une jeune fille de 14 ans environ. Des pièces romaines ont permis de dater cette tombe au IVe siècle de notre ère.
La région pelvienne contenait le squelette d'un fœtus à terme, de taille trop importante pour permettre une délivrance par les voies naturelles. Un résidu carbonisé trouvé sur l'abdomen de la jeune fille a révélé à l'analyse spectrographique contenir du delta-6-tétrahydrocannabinol, un composant stable du cannabis. Les auteurs de la découverte ont supposé que ces cendres provenaient de la combustion de cannabis dans un récipient, administré à la jeune fille comme inhalant pour faciliter l'accouchement.

Bouddha se serait nourri d’une graine de Chanvre par jour pendant ses périodes de jeûnes.

Moyen Age :
Au Moyen Age, l'empereur Charlemagne va fortement encourager la culture du chanvre. Il s'agit alors d'une denrée stratégique, gage de prospérité, en raison des nombreuses utilisations permises par sa fibre : vêtements, cordages, voiles.

À la même époque, les Arabes apprennent de prisonniers de guerre chinois le secret de la fabrication du papier, après la bataille d'Atlah. Celui-ci est obtenu à partir d'écorce de mûrier et de fibres de chanvre.

Une seconde vague de diffusion de la culture du chanvre accompagnera donc les invasions arabes, en Afrique du Nord, puis en Espagne, en France, en Sicile. Les Arabes ont en effet perfectionné la technique de fabrication du papier à partir de chanvre, papier qui sert de moyen de diffusion des manuscrits arabes, dont le Coran, mais également de nombreux textes de portée scientifique (mathématique, astronomie, médecine, etc.), littéraire ou philosophique. Ils installent leurs moulins à papier en Andalousie au début du XIe siècle.

Les traités médicaux arabes et perses décrivent de manière détaillée l’action du chanvre et son potentiel thérapeutique.

L'abbesse allemande Hildegarde de Bingen (1098-1179) en cultive dans le jardin du couvent, aux côtés d'autres simples, sous le nom de Cannabus . Elle préconise son usage pour combattre les nausées (anti-émétique) et contre les douleurs à l'estomac.

À la même époque (1090) Hassan Ibn Sabah établit ses quartiers dans la forteresse d'Alamut, au Nord-Ouest de l'Iran actuel et met en place un ordre guerrier. Cet ordre est doté d'un corps d'élite constitué d'hommes entièrement dévoués à sa cause et prêts à mourir pour elle. Marco Polo, mentionne « certain breuvaige à boire, par le moyen duquel ilz eftoient incontinent troublez de leur efperit, & venoient à dormir profondement », pour le conditionnement des fedayins. Plusieurs auteurs du XIXième et du XXième siècle se sont inspirés de ce récit dans leurs œuvres, reprenant ou contestant l'hypothèse linguistique qui ferait dériver le terme assassin de l'arabe « haschischiyoun » ou « haschaschin » (mangeurs d'herbe), et signerait l'usage du chanvre indien par cette secte ismaëlienne.
C'est en terre d'Islam qu'est édictée la première interdiction concernant le cannabis : en 1378, l'émir Soudoun Sheikouni interdit la culture du cannabis en Égypte, à Joneima, et condamne ceux pris en train d'en consommer à avoir les dents arrachées.

Renaissance:
A la Renaissance, l'Église s'attaque à la sorcellerie en s'appuyant sur les tribunaux de l'Inquisition. Le pape Innocent VIII assimile en effet la sorcellerie à une hérésie. La bulle papale Summis Desiderantis Affectibus, en 1484, donne le chanvre pour un sacrement du sabbat de Satan. Cette décision va contribuer à marginaliser un savoir populaire ancestral en matière de plantes médicinales.

Mais la même année est imprimée la première édition illustrée de l'Herbarius pseudo-Apulée, dans lequel apparaît le chanvre.

Paracelse décrit également la plante dans plusieurs de ses travaux.

Et plusieurs célèbres herbiers allemands, dûs à Otto Brunfels, Hieronymus Bock et Leonhart Fuchs contiennent des planches dédiées au chanvre.

François Rabelais, dans son Tiers Livre décrit sur le mode humoristique une plante merveilleuse qui ressemble à s'y méprendre au chanvre : le Pantagruélion.

En Inde, Bhavamishra décrit dans ses traités médicaux les propriétés et les préparations à base d'opium et de cannabis.

Temps modernes :
Au XVIIe et XVIIIe siècles, les puissances européennes se disputent la suprématie navale et le contrôle des points de passage stratégiques, alors que les échanges maritimes intercontinentaux sont en plein essor. Les navires sont alors propulsés par la seule force du vent. Le chanvre est utilisé pour fabriquer les cordages, les câbles, les échelles et les haubans, ainsi que les voiles. « Un navire de taille moyenne utilise 60 à 80 tonnes de chanvre sous forme de cordages et 6 à 8 tonnes sous forme de voile, par an. », relève le professeur agrégé d'histoire Serge Allegret. Le chanvre a donc pendant cette période la place d'un matériau stratégique, au même titre que le charbon quand apparaîtront les machines à vapeur ou le pétrole aujourd'hui.

En France, Colbert crée en 1666 la corderie royale associée à l'arsenal de Rochefort sur Mer, et réalise un important travail pour sécuriser l'approvisionnement en chanvre national. Les marines hollandaise et anglaise sont équipées de voiles tissées aux Pays-Bas à partir de chanvre d'excellente qualité produit en Livonie (actuels pays baltes). Grâce à la technique du tissage à un seul fil, les toiles obtenues sont plus performantes (solides, légères et souples).
Aux grandes heures de la marine à voile, l'approvisionnement en chanvre des nations européennes revêtait un intérêt stratégique.

Diderot et d'Alembert dans leur Encyclopédie détaillent la culture et le travail du chanvre, et mentionnent ses propriétés psychotropes : « Le Chanvre est cultivé, comme plante textile, dans un grand nombre de pays. Toutes ses parties exhalent une odeur forte, extrêmement désagréable, et les émanations qui se dégagent des chènevières causent des vertiges, des éblouissements, en un mot une sorte d'ivresse. [...] Enfin, les feuilles de la var. indica servent, en Orient, à la préparation du hachich. ».

Le chanvre aurait été présent aux Amériques avant la colonisation : Jacques Cartier rapporte en avoir vu, dans son journal de voyage.

L'archéologue Bill Fitzgerald a découvert à Moriston en Ontario des pipes vieilles de 500 ans, contenant des traces de résines de cannabis.

Toujours est-il que les colons européens entreprirent la culture du chanvre à grande échelle.

George Washington, premier président des États-Unis d'Amérique, en cultivait sur sa plantation, comme en témoigne son journal. En 1794, il donne l'instruction suivante à ses hommes : « Prenez le plus possible de graines de chanvre indien et semez-en partout.».

Au Canada également, plusieurs mesures sont prises pour favoriser le développement de cette industrie: subventions, incitations fiscales, distribution de graines aux fermiers en 1801...

Epoque contemporaine:
Victime d'une tentative d'assassinat par un Egyptien en état d'ivresse cannabique, au cours de la Campagne d'Egypte, Bonaparte édicte le 8 octobre 1800 un décret interdisant dans toute l'Égypte l'usage du hachisch.

Dans les Caraïbes anglophones, l'usage psychotrope du cannabis serait selon certains auteurs une conséquence de l'abolition de l'esclavage en 1833. Celui-ci aurait été importé avec la main-d’œuvre indienne destinée à remplacer les anciens esclaves noirs dans les plantations de canne à sucre. Main d'œuvre qui emmena dans ses bagages des graines de chanvre indien. Le nom donné aux indiens fut collie et, aujourd’hui encore, les rastas utilisent, entre autre, le terme coolie weed pour évoquer le cannabis.

Des gravures sur cuivre du XIXe siècle montrent que les berges du Rhin étaient, à l’époque, couvertes de grands champs de chanvre.

En 1844, Théophile Gautier et le docteur Jacques-Joseph Moreau fondent le club des Hashischins. Voué à l’étude du cannabis, il sera fréquenté par de nombreux artistes français.

Extrait fluide de cannabis fabriqué par Eli Lilly. Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, le cannabis sous forme de teinture était un produit pharmaceutique courant.Au XIXe siècle, le cannabis était utilisé en Occident pour ses vertus médicinales (voir plante médicinale), sous forme de teinture (extrait alcoolique). C'est le médecin irlandais William Brooke O'Shaughnessy qui le présenta comme médicament après un séjour de neuf ans aux Indes, en 1841. Le cannabis fut ainsi prescrit à la reine Victoria pour soulager ses douleurs menstruelles. L'extrait alcoolique de cannabis était également commercialisé aux États-Unis. Dans la vieille Europe comme aux États-Unis, cette teinture était l'un des médicaments les plus vendus par les officines de pharmacie. Mais, à la fin du XIXe siècle, son succès commença à décliner, suite à l’apparition et au fort succès d’autres médicaments tels que l’aspirine.

Les Mexicains le cultivent également et commencent l'exportation des sommités fleuries vers le Texas dès 1910. C'est d'ailleurs aux Mexicains que l'on doit l'usage du mot marijuana qui, à l'origine, désignait une cigarette de mauvaise qualité.

Il fut utilisé par Rudolf Diesel, lors de la création de son moteur diesel,comme combustible pour moteur (utilisé le gazole arrivera bien plus tard).

Aux Etats-Unis, durant les années 1920 et 1930, le cannabis envahit le marché noir, devenant très populaire. Face à ce succès grandissant, mais surtout dans un contexte d'échec de la politique de prohibition de l'alcool, le lobby puritain s'intéresse au cannabis et les autorités mettent en place des campagnes dites de sensibilisation. La police des stupéfiants de la Nouvelle-Orléans impute aux consommateurs 60 % des crimes commis dans la ville.

Il s'agit d'une véritable entreprise de propagande, qui trouvera des alliés dans le lobby de l'industrie du coton, dans celle la chimie et dans une partie de la presse, dont les patrons ont des intérêts forestiers important (entre-autres le magnat de la presse Randolph Hearst). Les journaux reprennent et répandent l'idée que violence et cannabis sont liés, à travers le pays et, en 1937, une loi instaure la taxation de la production, du commerce ainsi que l’usage industriel et médical, c'est le Marihuana Tax Act.

L'extraction des fibres de la tige du chanvre, opération fastidieuse, venait de bénéficier d'un nouveau procédé d'automatisation, qui promettait une rentabilité énorme. L'industriel Dupont de Nemours, inventeur du nylon, fut l'un des principaux acteurs du lobbying anti-chanvre, qui déboucha sur le Marihuana Tax Act, aux côtés du magnats de l'industrie papetière Randolph Hearst.

Harry J. Anslinger, commissaire du bureau de lutte contre les narcotiques de 1930 à 1962, promoteur de cette loi qui rendit la culture du chanvre impossible économiquement, était le neveu du banquier Andrew Mellon, l'un des principaux financiers de DuPont de Nemours. Ceci participa à la déforêstation massive du Canada et des États-Unis d'Amérique. Les fibres synthétiques, comme le nylon, commercialisé en 1938, commencèrent à s'imposer sur le marché mondial. Les plants poussant à l'état sauvage furent traqués et détruits.

Pendant la seconde guerre mondiale, les États-Unis incitèrent leurs fermiers à produire massivement du chanvre. Le film Hemp For Victory, réalisé par le gouvernement américain, explique aux fermiers la nécessité de produire du chanvre pour soutenir l'effort de guerre

Concurrencé dans son usage textile par les fibres exotiques (jute, sisal, kenaf), et par les fibres synthétiques (nylon), concurrencé dans l'industrie papetière par le bois, le chanvre décline rapidement au cours de la première moitié du XXe siècle. En France, par exemple, 176.000 hectares sont emblavés en 1840. En 1939, la superficie cultivée n'est plus que de 3.400 hectares.

Dans les années 1960, l'Inra et la FNPC (Fédération nationale des producteurs de chanvre) démarrent un programme de sélection variétale pour mettre au point des cultivars monoïques et à faible teneur en THC. Ces travaux permettent de relancer la culture du chanvre agricole dans plusieurs pays européens, car ils lèvent l'obstacle technique de l'important dimorphisme sexuel de cette plante, ainsi que les objections en rapport avec l'usage psychotrope.

En 1964, un laboratoire israëlien dirigé par le professeur Raphael Mechoulam isole le THC, responsable de la majeure partie des effets psychotropes du cannabis.

A partir de 1971, la CEE encourage financièrement la culture de chanvre par les agriculteurs pour la production de fibres, dans le cadre de l'organisation commune de marché (OCM) portant sur le lin et le chanvre.

L'essor des préoccupations environnementales, depuis la fin du XXe siècle, tend à stimuler le développement de filières chanvre, dans des domaines aussi variés que le textile, l'habitat, l'alimentation, les bio-carburants... Entre 1996 et 1999, les superficies cultivées en chanvre dans l'UE ont plus que doublé, passant de 13,7 à 32,3 milliers d'hectares, principalement du fait de l'Espagne.

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Etymologie:

En France, la culture du chanvre, les outils et les métiers associés ont laissé de nombreuses traces dans la toponymie et l'anthroponymie (noms de lieux et de personnes).

Par exemple la célèbre avenue de la Canebière à Marseille. En effet, cannebière (avec 2 n), en langue d'oc, désigne une plantation de chanvre. Selon certains, il y avait culture de chanvre à cet endroit selon d'autres, il ne s'agissait que de fabriques de cordes et de voiles liées aux activités du port.

Du côté de Nice on trouve li Chanabieros francisé en les « chanebières ».

Au nord de la Loire, la plantation de chanvre était appelée chennevière, un terme que l'on retrouve dans des noms de lieux (Chennevières-sur-Marne) ou de personnes, parfois déformé en « chêne vert ».

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